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Affichage des articles du 2006

B.Pivot en berne...

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Le monde est en marche et rien ne l'arrêtera. À force de marcher, de courir, de s'emballer, il a la tête par dessus le cul, ce pauvre monde. J'ai tout de même un peu de mal à m'y faire... Il y a quelques jours, j'ai entendu un matin sur France Inter, Bernard Pivot chez Bern dans le "Fou du roi". L'homme de télévision, qui a reçu sur son plateau des centaines d'écrivains durant près de trente ans, s'est retrouvé par la force du temps qui passe, de l'âge qui arrive et de la retraite qui vous prend, à écrire à son tour. Ce qui l'amène à devoir aller, comme les autres, "se vendre" sur les lieux réservés à cet effet. "Le fou du roi" est l'un de ces lieux.   Les maisons d'édition doivent être extrêmement convaincantes et les chiffres d'audience aussi, pour que des auteurs sérieux viennent ainsi se livrer en pâture aux rubricards de service. Il faut en effet un certain courage pour affronter les sarcasmes appar...

Le Miroir Télévision

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Puisque, on le dit, la télévision est l'un des principaux reflets de notre société, il est assez logique que ce que l'on nous y montre et par corollaire ce que l'on y voit, soit une image que l'on nous renvoie de nous-même. Le problème est qu'aujourd'hui, il m'arrive d'avoir honte de me voir dans ce miroir, au point d'en rougir ou de vouloir me cacher sous la table. Il y a quelques années, notre reflet télévisuel était poli, dans tous les sens du terme. Lisse et plutôt valorisant, sans aspérité désagréable, plus surprenant par la rareté de ce que l'on y montrait, que par l'incongruité des propos tenus. Nous pouvions alors aimer nous dire que nous ressemblions à ces gens qui semblaient nous regarder par instants dans les yeux. Les maîtres de cérémonies (ou animateurs) paraissaient instruits, curieux et respectueux de ceux qu'ils invitaient, un peu pour nous, sur leurs plateaux. On sentait clairement qu'ils avaient choisis de nous mont...

Les maisons closes sont closes ?

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Les maisons closes sont closes ? C’est en tout cas ce que l’on dit. J’en doute, parce qu’il est évident que la prostitution demeure en bonne place dans les comportements humains. On a le tort de penser toujours sexe lorsque l’on parle de prostitution, on oublie le versant intellectuel de ce comportement, celui par exemple des idées que l’on jette en pâture dans les espaces « façon trottoir » des plateaux de télévision. Je m’explique. Depuis quelque temps, lorsque je tombe sur certaines émissions en vogue sur les écrans de nos nuits insomniaques, j’assiste à ce que je considère être une forme de prostitution moderne. Et qui plus est, la forme lâche de ce comportement. C’est précisément la forme de prostitution que j’ai le plus de mal à supporter, celle qui n’avoue pas que l’essentiel de ses motivations est un besoin obsessionnel de se faire connaître auprès d’un public avide de nouveautés, peu importe les moyens employés. La voie du scandale étant le plus souvent le chemin le plus cour...

Tv: la rentrée ou la Démesure...

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L’été télévisuel ressemblait aux désolations des théâtres fermés pour cause de travaux… La rentrée d'automne se voudrait monumentale et joyeuse. C'est raté! Sur toutes les chaînes les espaces scéniques, hier à échelle humaine, sont aujourd’hui devenus monstrueux, pharaoniques, mégalomaniaques, déshumanisés. Finis les tête-à-tête où l’on pouvait lire au fond des regards et imaginer les pensées avant qu’elles surgissent ! Il n’est qu’à voir ou apercevoir, les espaces démesurés des journaux télévisés de TF1 ou de France 2 (qui voudrait bien ne plus faire « service public » et ressembler le plus possible à sa concurrente privée et pas très loyale). Comme par hasard c’est le bleu qui prédomine pour l’une et l’autre chaîne. On y trouve aussi les mêmes fausses fenêtres électroniques, pour entrer et sortir des sujets, vers lesquelles se tournent les journalistes comédiens (attention aux calvities !)… Malgré l’immensité (ou à cause de l’immensité), pas de place pour l’humain. En revanc...

Avoir conscience de nos chances 2

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Suite de Avoir conscience de nos chances Les premières marches de la vie… Notre avancée encore innocente et pourtant volontaire sur le chemin de la vie (notre vie parmi celles des autres), louvoie entre les chances et les malchances, les générosités et les injustices d’une distribution aveugle. Nous remplissons les cases noires, ou les cases blanches, selon nos rencontres chanceuses sur l’échiquier sans horizon qui nous sert de socle. La chance au négatif se charge de distribuer plus ou moins généreusement la part des manques et des frustrations. Dans notre palette des premiers jours, nous avons le choix entre les tons clairs et les tons sombres. Mais même de ces vides apparents nous saurons tirer, à force de volontés motivées par l’envie de vivre, des facultés de qualités que trop de confort au départ ne nous aurait peut-être pas inspirées. L’apparent manque de chance du départ peut se révéler un peu plus tard comme une chance lui aussi … Le parcours de notre combat vital. Déjà pendan...

Avoir conscience de nos chances...

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Parce que les jours de notre vie se succèdent sans que nous n’y fassions trop attention, nous ne remarquons pas assez les chances que nous croisons sur notre longue route sinueuse. Et ne les remarquant pas, nous ne leur en savons pas assez gré. Il faut parler un peu du mot : « chance ». Essayer d’en définir les contours trop souvent discrets. Il ne s’agit pas de la chance que l’on tente vainement en grattant un ticket perdu d’avance, ou en jetant un jeton doré sur un chiffre fétiche, mais de celle qui commence par nous faire naître riche ou pauvre d’avenir, selon son humeur, puis embellie ou fane nos jours, selon qu’on la rencontre, ou que l’on passe non loin d’elle. La "chance", sorte de personnage aux générosités fantasques, accompagne nos pas sans se faire remarquer, du premier au dernier de nos jours. La chance est un carnet de rendez-vous essentiels que l’on rate souvent, parce que l’on n’est pas forcément là où il faudrait être, à l’instant précis où elle nous attend, ...

Résolutions des soirs d'été...

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L’été a une vertu, en plus de celles des douceurs du soir, celle de nous permettre les bonnes résolutions des recommencements. On se dit un matin meilleur que les autres: "aujourd’hui j’arrête de fumer, ou demain je ne bois plus que de l’eau, ou après-demain j’attaque la lecture de la recherche du temps perdu… ou..." C’est un peu comme les crises de foie qui nous aident à arrêter de boire le whisky de trop, ou la grippe qui nous fait oublier quelques jours le paquet de cigarettes dans une poche inaccessible. L’été et ses belles soirées chaudes aux crépuscules tardifs, nous retient dans les jardins, sur les balcons, ou avec les copains aux terrasses des cafés, et la télé est soudain tout à fait oubliée. "C’est incroyable, aujourd’hui on a oublié la télé" . On avait autre chose à faire, pas le temps ! Qui aurait pu imaginer ça ? Il faut dire que les marionnettistes de la télévision avaient eux-mêmes un peu pris les devants. Les personnages phares de nos insomnies sté...

Signes de vie...

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Les routes de nos campagnes traversent d’un bout à l’autre de la France les vastes cultures soigneusement peignées à coup de tracteurs ultramodernes. Tels des chalutiers des mers de terre, ils fendent l’horizon, annoncés au loin par des nuées de mouettes en quête de vers de terre soudainement à découvert. La présence de l’homme, pourtant presque invisible au milieu de ces espaces immenses, est marquée par cet ordre quasi maniaque, à l’échelle des monts et des vaux. Quand soudain, une pièce de terre est envahie par les herbes folles, puis une autre pas très loin et d’autres encore, que les arbres en espaliers ne sont plus taillés, que les coquelicots en décousent avec les grandes marguerites blanches, c’est que l’homme qui veillait jusque-là à l’ordre d’ici est mort. La terre abandonnée reprend vite sa liberté et en tire des fantaisies qui ne servent qu’elle. Mon blogue est resté muet trop longtemps et l’on pouvait craindre que celui qui y semait quelques pensées de temps à autre, était...

La télévision, fin de règne….

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Un ami, à qui je faisais part au téléphone des sentiments un peu tristes que j’entretiens à l’égard de cette télévision en plein effondrement, me dit songeur : « Finalement, la vraie question c’est : qu’attend-t-on de la télévision? » . Nous avons encore parlé longtemps d’autres choses, puis nous avons raccroché ( ce mot veut dire le contraire de ce qu’il espère dire). Lors d’une nuit sans sommeil, la question m’est revenue avec obsession, s’imposant comme si je devais me sauver en lui donnant urgemment une réponse. C’est que je lui ai donné une telle importance à cet être étrange (l’objet télévision), qu’à présent je me dois, pour tenter de lui éviter les abîmes, de lui trouver les réponses positives aux questions corrosives de ses voyeurs déçus. Comme si j’étais le seul responsable de cette décadence. Culpabilisation des nuits agitées. Sentiment d’échec surtout, qui signifie que j’en attendais beaucoup. Trop probablement. J’étais né avant elle, c’est pour ça aussi que je ne méfiais p...

Le dernier des violoncelles.

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Quand j’étais enfant j’ai lu avec passion jusqu’à des heures interdites, le dernier des mohicans. Un roman de Fenimore Cooper, qui racontait les féroces batailles opposant Indiens et pionniers des USA en construction. On sait la fin de l'histoire qui fut aussi la fin des indiens d'Amérique... Dans mes pensées d'enfants, les uns et les autres étaient des héros qui me faisaient briller les yeux d'envie. Je ne mesurais pas que le génocide de cette famille culturelle lointaine était une perte irrémédiable pour l'humanité. Je ne mesurais pas non plus que le gène des envahiseurs allait se répandre dans l'esprit et la culture d'un peuple dominant sur l'humanité d'aujourd'hui. Cette fin dramatique m'a inspiré la variation suivante... Le dernier des violoncelles. À mes yeux, la musique classique est la forme d’art supérieure, juste au-dessus de la littérature. Pour y accéder, on peut se laisser mener simplement, parce que notre cœur y est accessible, ...

Fiction, réalité… ?

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On s’inquiète de la fonte des glaces, de la destruction des forêts, des pollutions massives, on a sans doute raison... Mais il est déjà bien tard, probablement. Autre danger de nos sociétés modernes, les failles culturelles, les espaces grandissants entre les générations, la dérive des cultures naissantes et déclinantes. Le fils de dix, douze ans d’aujourd’hui, ne pose plus de question à son père comme nous en posions aux mêmes âges au notre, du genre : « Dis papa pourquoi la terre est ronde ? ». Premier point, notre père d’alors savait répondre, ce que nous ne sommes plus toujours capable de faire de nos jours, pour cause d’affaiblissement général du niveau des connaissances. Deuxième constat, les enfants d’aujourd’hui ne posent plus de questions à leurs aînés. Ils ont trop à faire pour perdre du temps à vouloir grandir. Ils n’ont pas ce besoin-là, cette urgence qui était la notre pour gagner les libertés qui nous manquaient, puisqu’ils peuvent partager leurs vies secrètes avec leurs ...

Bonne Année 2006!

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Pour ceux que je ne connais pas, évidemment j’émets tous les souhaits de bonheur imaginables! Pourquoi serais-je assez mauvais pour penser autrement? Cependant, je n’aime pas beaucoup ce réflexe conditionné qui nous fait prononcer, à un moment donné de nos trajectoires, les mêmes mots pour tous, sous peine de passer pour un gougeât. Façon, le piège de l’ascenseur, où l’on se retrouve le temps de quelques étages, dans un face à face obligé avec un presque inconnu, mais tout de même suffisamment croisé, pour lui lâcher un : « Ca va ? » auquel il répond aussitôt par un « ça va, et toi ? ». Ébauche d’un dialogue proche des vertiges de l’infini, qui sera heureusement interrompu par l’étage attendu. Dans ces situations-là j’ai toujours brisé la ronde infernale par un : « Écoute c’est une question qui mériterait une longue réponse et j’ai bien peur que … », mais déjà l’arrêt à l’étage nous sépare et nous délivre. Un signe de la main, qui se veut le plus tendre possible, sert de ponctuation fi...