Quand les cloches me plaisent...
Dans mon village des environs de Paris (45kms), certains jours plus gris que d'autres, on sonne le glas. J'aime cette marche lente à deux tons de cloches, discrètes mais insistantes, qui sait nous arrêter un instant dans nos pensées pour rejoindre un inconnu en route pour la dernière fois. À Paris, non loin de mon village, le mort du jour est conduit vers l'oubli, sans que cela ne se sache même à quelques pas de là, dans l'indifférence éternelle. J'aime ce salut aérien que nous adresse cette âme en voyage, comme le mouchoir agité des adieux sur le quai d'une gare. J'aime cette relation imposée avec un inconnu, vers qui nous élevons pour la dernière fois (et probablement la première aussi) notre pensée. J'aime ce rôle laïc des cloches, qui rassemblent à cet instant ultime les citoyens d'un village dans l'expression d'une pensée respectueuse et affectueuse vers l'un des siens. J'aime l'anonymat de cette mort sans apparat, au dessu...