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Affichage des articles du 2009

Vision troublante

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Encore quelques lignes inspirées par un passage à Paris, la ville qui laisse rarement indifférents ses visiteurs. Un matin d'automne sur la trajectoire des hasards j'ai croisé une violoncelliste et cela m’a troublé, autant qu’une chose entrevue que je n’aurais pas dû voir. Le fragment infime de temps de ce croisement, j’étais en voiture elle était à pieds, m’oblige à revenir sans cesse en arrière, sorte de mise en boucle de cette seconde particulière. Je suis dans le particulier, je l’ai bien compris, ce qui vient avant et après est assez banal. Je me suis longtemps et donc beaucoup plus loin, obligé à donner une explication sur les raisons de cet ébranlement de ma personne par ce simple frottement au hasard. Il y avait dans cette image, car ce qu’il en reste en est une, quelque chose de l’ordre de l’irréalité, dans la mesure où tout et tous autour étaient à leurs préoccupations de l’instant, assez matérielles et habituelles, tandis que ce vi...

Le goût de l'amer...

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Marche arrière vers quelques instants choisis. C'était au temps d'une parenthèse parisienne, je prenais le métro le matin comme des millions de Parisiens, pour me rendre au seuil d'une journée de travail. Cela m'avait inspiré ces lignes au goût amer, mais attachant... Paris le matin. Un jour de pluie. À force de vie commune, j’ai fini par aimer cette odeur âcre qui m’attaque la gorge et me donne instantanément une légère nausée, lorsque je franchis les premières marches plongeantes de l’escalier roulant du métro. J’ai appris, au fil de jours semblables, à aimer ce dégoût attachant qui me rejoignait chaque matin sur le parcours de mon arrachement vers le travail. Un abîme s’ouvre devant moi, tandis qu’un grondement familier vient à ma rencontre, à mesure que je m’enfonce dans les profondeurs. Les dos qui me précèdent sont tous un peu voûtés, comme s’ils se partageaient sans se le dire le poids d’une journée qui commence, la promesse d’une fatigue lourde à porter. L’ode...

Du côté de chez Fred, le retour...

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Ceux qui savent les temps bénis de la réalisation que j’ai partagés avec Frédéric Mitterrand dans les années 80 ( Bonsoir ! Du côté de chez Fred, Etoile Palace) m’envoient aujourd’hui mails et coups de téléphone, me disant tous à peu près la même chose : « On a pensé à toi, tu es heureux ?». À quoi je réponds, embarrassé : « Oui bien sûr ». Pourtant je sens comme une inquiétude vague et profonde au fond de moi, un chagrin inexpliqué, une sorte de sentiment de deuil inattendu, un traumatisme. Après deux jours de réflexion et de polissage du temps, je m’explique mieux ce malaise envahissant. J’avais avec Frédéric partagé les affres de la création, nous étions deux artistes associés dans les mêmes aventures aux vertiges mortels, nous avions traversé ensemble des moments de bonheur que nous avions fabriqués de nos cœurs et sensibilités associés. Nous étions alors étroitement solidaires dans ces traversées magnifiques de pages télévisuelles que nous écrivions ensemble. Lui, par sa culture g...

Je reprends ma liberté...

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Depuis de longs mois, j'ai gravé mon nom sur les plaquettes virtuelles de Facebook . C’est poussé par une curiosité d'ethnologue (très amateur, j'en conviens), et passionné pour les diverses agoras de mon temps, que je me suis lancé sur cet espace public, arguant auprès de ceux qui rejetaient la chose sans y avoir mis les pieds, que c'était un lieu d'observation extrêmement peuplé par les générations en marche dans la construction de notre société de demain. Hélas, je ne croyais pas si bien dire, sauf que la marche en question est stationnaire et nombriliste . J'ai voulu y lâcher, comme semblaient le faire les uns et les autres, quelques pensées à partager les jours d'inspiration. Je me suis dès le début complètement trompé sur le sens des mots utilisés par les naufragés volontaires de cette île décidément déserte. Les "amis" , qui par définition sont des êtres rares et choisis dans mon langage personnel, deviennent en ces lieux électroniques un ...