Articles

Affichage des articles du juillet 24, 2005

L'épopée télévisuelle 2

Image
J'avais 23 ans lorsque j'ai rencontré Jean-Christophe Averty sur le plateu du Théâtre Antoine. Toute ma vie allait prendre un virage essentiel grâce à cette précieuse rencontre... Du théâtre j'allais me laisser enlever vers la télévision (ce sera l'occasion d'un article prochain). Je me souviens de mes premières réalisations et de l’inquiétude presque maladive qui m’envahissait au moment de leur diffusion… sentiment d’indécence, il y avait tellement de nous dans ce que nous montrions. Nous avions le sens d’une responsabilité , celle que nous conférait le pouvoir dont nous étions détenteurs. Une fonction éducative, morale, politique… La politique était extrêmement présente dans les choix des uns et des autres… il faut bien dire que la télévision était essentiellement de gauche… Gérée par un pouvoir de droite, censurée même, mais de gauche par l’intérieur… parce que la jeunesse, parce que les intellectuels, parce que les syndicats… Les techniques étaient balbutiantes...

L'épopée télévisuelle 1

Image
Au début... C’était un rêve de faire de la télévision, d’entrer dans un monde réservé, extrêmement restreint, aux pouvoirs mystérieux et immenses. C’était le monde de l’exigence professionnelle, les réalisateurs étaient des maîtres, parfois des dictateurs… une branche un peu mineure du cinéma. D'ailleurs à la télévision on faisait des émissions, ailleurs c'était des films... Les syndicats étaient tous puissants et préservaient avec intransigeance la pénétration des secteurs professionnels par d'éventuels "petits malins" ambitieux et sans formations … il y avait des critères draconiens pour entrer dans le sérail jalousement gardé par ses ayants droit… il était presque impossible de ne pas respecter les règles, ou alors il fallait être habité par une passion incontournable et croire en sa chance. Le réalisateur gérait l’argent que lui réservait l’ ORTF pour réaliser son émission, il était responsable de la dépense et devait en justifier les raisons… il lui fallait...

Devoirs de Vacances

Image
1/ Apprendre à regarder sa télévision. C’est vrai ! On apprend à écrire des lignes, des pages et des livres, et puis on apprend à lire, bien après que l’on ait appris à parler, mais jamais on apprend à lire les images. Pas simplement s’en amuser, mais discerner ce qui est derrière la première vision, le contexte, les volontés qui l’on fait naître, ce que l’on a voulu nous dire… Un peu comme on apprend à analyser à l’école les textes de la littérature, ou du théâtre de nos aînés. Questions de nuances, de seconds degrés, vision capitale . Nous n’avons pas toujours conscience de cette ignorance, aussi faut-il se demander si nous savons nous défendre de ces images que l’on nous impose. Vous ne le savez pas, ou n’en avez pas conscience, bien des images que la télévision nous assène, en apparence sans intention particulière, sont en fait traumatisantes et s’inscrivent dans nos mémoires de façon indélébile. Un traumatisme étant en l’occurrence une blessure de l’intellect, la bêtise est elle a...