Avoir conscience de nos chances...
Parce que les jours de notre vie se succèdent sans que nous n’y fassions trop attention, nous ne remarquons pas assez les chances que nous croisons sur notre longue route sinueuse. Et ne les remarquant pas, nous ne leur en savons pas assez gré.Il faut parler un peu du mot :
« chance ».
Essayer d’en définir les contours trop souvent discrets. Il ne s’agit pas de la chance que l’on tente vainement en grattant un ticket perdu d’avance, ou en jetant un jeton doré sur un chiffre fétiche, mais de celle qui commence par nous faire naître riche ou pauvre d’avenir, selon son humeur, puis embellie ou fane nos jours, selon qu’on la rencontre, ou que l’on passe non loin d’elle.
La "chance", sorte de personnage aux générosités fantasques, accompagne nos pas sans se faire remarquer, du premier au dernier de nos jours.
La chance est un carnet de rendez-vous essentiels que l’on rate souvent, parce que l’on n’est pas forcément là où il faudrait être, à l’instant précis où elle nous attend, ou parce que l’on va juste un peu trop vite, ou juste un peu trop lentement pour elle.
La chance est assez intolérante et ses exigences n'ont d'égal que son impatience.
Notre synchronisme avec les rendez-vous que nous nous donnons, elle et nous, aux conséquences aussi bien miraculeuses que catastrophiques, reste un mystère que l’on s’acharne à remonter par la fin, avec le vain espoir de découvrir où l’on a commis l’erreur qui nous a privé de l’embellie promise.
Petit inventaire des rendez-vous de nos chances.
La chance initiale est celle de notre naissance. J’ai envie de dire celle de notre conception, puisque c’est là exactement que débute notre existence.
Impossible de le rater ce premier rendez-vous de deux êtres, qui font ce qu’il faut, avec plus ou moins d’efforts, pour créer une descendance. C'est le premier rendez-vous de notre existence, avec deux êtres que nous n’avons pas choisis et à qui nous devrons pourtant éternellement cette chance initiale: nos parents. Certains, n’aimant décidément pas la vie, pourront leur en faire un jour l’injuste reproche.
Le geste qui nous donne vie est conscient ou inconscient, voulu ou involontaire.
On comprend bien que le résultat n’est pas le même et que déjà notre "chance" est de qualités diverses à cet instant, pouvant aller jusqu’à manquer totalement. Cependant ce premier rendez-vous de notre existence comprend dès la seconde initiale, un grand nombre de cases chances, comme les couleurs d’un arc-en-ciel plus ou moins bien formé:
La chance de l’échelle sociale (nous allons surgir dans un monde ouvrier, bourgeois, itinérant, provincial, rural…)
La chance géographique (nous serons du Nord, de l’Ouest, du Sud ou de l’Est)
La chance temporelle ou historique (nous sommes entrés sur la scène "terre" il y a longtemps, au temps des bougies et des diligences, ou bien c’est juste là que nous surgissons, maintenant, au temps finalement aussi dangereux du progrès, des manipulations génétiques et des voyages interplanétaires)
La chance génétique (Il se peut que l’adition des deux sources de gènes, associés dans un élan de tendresse, nous soit favorable au départ de notre vie. Mais attention, le contraire est également possible).
La chance de la hiérarchie dans la fratrie (être l’aîné ou le benjamin. Cette chance là, on voudrait toujours être l'autre versant).
La chance culturelle (naître dans un milieu ouvrier, littéraire ou musicien, ou financier …).
La chance du sexe (être un garçon, être une fille).
La chance de la race (être blanc, noir, jaune, métisse)…
Etc …

L’ordre d’apparition de ces tiroirs de chances n’est sans doute pas sans importance. Mais chaque situation proposée à ces vies débutantent est pleine d’intérêts et n’est de toute façon jamais que la première marche d’un escalier qu’il va falloir apprendre à gravir.
À SUIVRE...
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