Il faudra que je vous parle de...


...L’extraordinaire instrument qu’est une régie vidéo.
Que ce soit dans un car, ou dans un studio.


Dès que je m’y retrouvais je sentais s’emparer de moi une émotion aussi particulière que celle qu'évoque un parfum inconnu. Il y avait de la peur aussi au ventre. Et beaucoup de plaisir d’être celui qui allait tout à l’heure dérouler le file fragile d’une histoire unique.
Je disais que je tombais par la fenêtre dans ces moments-là. La chute durait parfois plusieurs heures.
Impression de tomber parce que les évènements à filmer s’échappent, ne viennent pas comme on les attend, qu’il faut rester tendu à l’extrême jusqu’à la dernière seconde. La chute parce que l’erreur, le faux plan, le trébuchement du cadreur, le retard sur l’événement, sont autant de blessures mortelles qu’il faut vite oublier sous peine de sombrer. Le présent n’attend pas que l’on reprenne son souffle, il court devant sans se retourner et nous le poursuivons de si près que parfois il nous arrive de prendre un raccourcis et de le devancer. Moments de grâce, lorsque notre imaginaire confirme dans l’instant d’après que nous avions vu juste. Nous l’équipe, les chasseurs à l’affût cernant de leurs caméras discrètes la chose à capter. Nous l’équipe en osmose lorsque les choses vont bien. Cela arrivait finalement assez souvent.
De ces équipes je reparlerai.

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