Lijiang : La ville vitrine CHINE (9)

La nuit fut bonne. Il est à remarquer que de ce côté du globe, nous faisons de nombreux rêves très imagés. Avec une pose vers une heure du matin comme d'habitude, le décalage horaire n'étant pas encore compris et accepté par notre subconscient. Je profite de cette reprise de conscience pour éteindre le matelas chauffant avant que nous ne soyons trop cuits. Mais à part cette petite diversion, nous avons bien récupéré de la journée d'hier. Le silence de la nuit fut parfois perturbé par la pluie, mais cela tournait vite en berceuse rassurante.
Un passage rapide à la salle de bain, une douche chaude et nous voilà prêts pour affronter une deuxième journée à Lijiang.
Nous nous sommes donné rendez-vous à huit heures pour aller prendre le petit-déjeuner en ville, celui-ci n'étant pas servi à l'hôtel.
Le temps ne s'arrange pas, la pluie est de plus en plus neigeuse. Cela ajoute au charme des lieux, mais heureusement elle ne tient pas.
Nous repassons devant nos hôtes toujours assis autour du fameux brasero. Certains nous sont inconnus, un homme entre autres, moins souriant que les filles, vêtu d’un grand manteau noir qui lui donne un air un peu inquiétant. N’oublions pas que toute la société Chinoise est maillée par les membres du Parti Communiste et que même si les rapports avec le pouvoir sont moins violents qu’avant, une surveillance continuelle ramène les uns et les autres aux règles communes édictées par le Parti. Mais ce n’est peut-être pas le cas de cet homme et qu'il n’est, protégé du froid régnant par un manteau noir, que le père des enfants que nous voyons jouer sur Internet. Il doit avoir un autre métier, exercé en d’autres lieux et ce sont les femmes de la famille qui tiennent l’hôtel, lui les aide de temps à autre. Elles sont ailleurs pour le moment.
Je les imagine sur la place ventée de notre arrivée, attendant l’apparition d’un étranger, prêtes à le ferrer d’un conseil souriant, avec l’espoir de le ramener en douceur jusqu’à leur Hôtel, si difficile à remplir par ces mauvais jours.
N’empêche, si je pense au Pouvoir politique Chinois et aux aspects parfois accablants de son autorité sur le peuple, c’est que cette ville étrange et belle, remise à neuf avec beaucoup d’argent surgi dont ne sait où, sous-entend une relation particulière avec le pouvoir. Les gens qui détiennent quelque chose en ces murs l’ont obtenu par une désignation supérieure, c’est à craindre. Ceux qui n’avaient pas cet assentiment ont dû partir, où survivent dans des recoins encore un peu oubliés, hors des grandes artères touristiques.

Nous reprenons notre marche dans les rues habilement demeurées bancales, direction l'allée au bord de l'eau dédiée aux restaurants, dont nous avons repéré hier soir l’existence et où nous pensons trouver un petit-déjeuner digne de ce nom.
Le réveil de la ville, est l’instant du jour que j’aime particulièrement dans les rues Chinoises, celui de la mise en marche pour la journée. Les uns replient les longs panneaux sculptés et laqués (le plus souvent en rouge), qui ferment leurs boutiques tels des paravents. On en voit qui ont manifestement dormi dans ce petit espace à l’emploi variable, selon que l’on est la nuit, ou le jour. D’autres s’activent pour réanimer les braises encore rougeoyantes d’un brasero. Pour éviter que les fumées n’envahissent de façon trop invivable le petit local, les braseros renaissants sont posés dans la rue, libérant les fumées bleues et odorantes des mauvais charbons de bois. Quand le feu est bien rouge, le brasero reprend sa place à l’intérieur et tient son rôle de radiateur aux émanations finalement assez attachantes (je repense aux feux de tourbe Irlandais, dont la fumée extrêmement parfumée commençait par nous donner des migraines avant de devenir au fil des jours une sorte de "dépendance" des plus agréables). De jour en jour, nous nous attachons à cette odeur de fumée humide qui flotte au-dessus des villes et des campagnes Chinoises.
Après quelques minutes de déambulation dans les méandres naturels des rues, nous abordons la succession des restaurants, manifestement destinés aux touristes étrangers, ou aux Chinois argentés. De dehors ce sont les façades dans le style de la ville, de pierre et de bois. Après avoir poussé une porte battante nous nous retrouvons dans un antre sombre. Il faut que nos yeux se fassent à l’obscurité. Très peu de lumière, celle de l’extérieur a du mal à pénétrer et est immédiatement absorbée par le bois omniprésent. Ce qui nous fait penser aux chalets Suisses. Les tables et les bancs de bois viennent conforter cette impression. C’est plutôt sympathique. Des jeunes de la maison, nous abordent aussitôt pour s’enquérir de nos souhaits. Ils sont "branchés", comme l'on dit, habitués à l'étranger, baragouinant un très mauvais Anglais. Ce qui s’avérera être parfois une source d’erreur, lorsque nous pensons être compris et que ce n’est pas le cas. On s’installe d’abord à une table, puis à une autre, on a le choix il n’y a une fois de plus que nous (il est trop tôt, et puis les gens qui passent dans cette ville n’ont pas toujours les moyens de s’offrir un petit-déjeuner à l’occidentale). On cherche surtout dans notre placement à éviter les courants d’air qui reprennent des forces dès que la porte d’entrée est poussée. Et puis on aperçoit deux cheminées en pleine activité, l’une au fond de la salle, l’autre sur le côté. Le problème de la cheminée est que nous sommes quatre, il y en aura donc deux qui l’auront dans le dos et deux plus éloignés qui la verront de face, mais en profiterons moins pour ce qui est de la chaleur. Hésitations d’usage, pour finir on laisse tomber la cheminée pour une table un peu plus grande. À peine installés, d’autres jeunes glissent sous la table deux petits braseros chargés de braises incandescentes, dont on sent immédiatement les effets sur nos jambes reconnaissantes. Les risques d’incendies sont grands dans cette ville où le bois prédomine (levant les yeux vers le plafond, je découvre un réseau de tuyaux pour aspersion en cas d’incendie. Décidément on n'est plus dans la Chine du moyen-âge). Tout de même, je ne m’explique pas bien ce que deviennent les gaz de combustion de tous ces feux allumés et entretenus dans des pièces fermées. Les courants d’air ont un rôle finalement plus vital que nuisible. Nous y reviendrons, mais nous ne pouvons pas ne pas penser au réchauffement de la planète auquel ces millions de petits feux allumés chaque matin dans ce vaste pays participent grandement, en distillant vers notre atmosphère universelle une très grande quantité de CO2.
Nous avons ce matin retrouvé nos réflexes de Français. Café noir, œufs brouillés et toasts grillés avec confitures. Difficile de l’oublier notre café noir. Pourtant c’est une denrée de luxe au pays du thé et ce petit plaisir fait vite monter la note. Nous profitons de cet instant à l’abri des frimas pour décider ensemble de notre programme du jour.
Demain nous devons prendre un car pour aller jusqu’à Dali.
Il nous faut, à chaque fois que c’est possible, anticiper sur ces rendez-vous que nous ne devons pas rater sous peine de conséquences graves. Nous savons qu’il y a un départ vers 10heures et que cela devrait nous mener à Dali pour 14 ou 15 heures environs.
Mais où est la gare routière? On nous dit qu'elle est entre l’ancienne et la nouvelle ville, mais c’est vague. Et demain nous aurons à nouveau ces foutus bagages à tirer derrière nous, alors attention aux pas inutiles! À moins qu’il soit plus sage de prendre un taxi ? Mais sommes nous sages?Nous avons décidé que nous irions jusqu’à la gare routière pour mesurer tout ça.
Nous empruntons la voie par laquelle nous étions arrivés au Nord de la ville. Une grande avenue bordée de petites échoppes beaucoup moins chics que celles de la vieille ville, mais plus près des réalités de la vie quotidienne Chinoise. Il s’avérera plus tard, qu’il fallait rejoindre cette gare routière par le Sud, ce qui la mettait alors à une vingtaine de minutes de notre hôtel, chemin que nous prendrons effectivement le lendemain.
Mais nous ne l’avions pas compris et voilà un exemple de ce que peuvent coûter les errances dans un pays difficiles à décrypter.
Nous avons marché longtemps, fortement emmitouflés pour résister au vent froid chargé de flocons. Pendant une heure au moins, nous avons espéré déboucher sur cette satanée gare routière… L’apercevoir au moins au loin ! Les quelques passants interrogés semblaient pourtant nous indiquer de poursuivre dans cette voie, et lorsque nous leur demandions si c’était encore loin, leurs réponses semblaient nous conforter dans notre volonté de poursuivre nos efforts à pieds. Ce qui nous a valu de persister, de nous entêter même.
À un moment, un peu désemparés, nous avons fait une halte chez un commerçant qui récupérait des pièces sur de vieux équipements électriques et Claude P lui a demandé une fois de plus en Chinois où se trouvait cette gare fantôme. L’homme âgé d’une quarantaine d’année a interrompu son travail pour nous aider et pendant plus d’un quart d’heure, sur un morceau de papier et avec un stylo que nous lui avions fourni, il a tenté de nous expliquer par un dessin (très imprécis, nous ne sommes pas habitués à la notion d'échelle Chinoise, où toute mesure est a multiplier par 100) les circonvolutions que nous devions suivre pour aboutir. Il parlait en même temps, comme si nous pouvions le comprendre, sans précaution particulière pour nous y aider. Et nous d’opiner pour lui faire plaisir, ce qui le confortait dans l’idée que nous entendions ce qu’il nous expliquait. Histoire de fous. Nous avons fini par nous arracher après mille remerciements et courbettes souriantes et sommes repartis toujours dans le même sens, toujours obstinés, vers un infini qui n’en finissait pas de reculer.
La fatigue, l’épuisement, sont parfois de bons conseils. Nous avons fini par héler un taxi qui passait par là (on n’a jamais à attendre beaucoup pour en attraper un) et lui avons demandé de nous mener à cette fameuse gare routière fantôme. Sans problème, un quart d’heure plus tard nous y étions, non sans avoir fait un tour immense pour contourner la vieille ville et revenir par le Sud presque jusqu’à ses portes. Il nous à dit : « c’est là » et nous a lâchés heureux d’être enfin rendus aux portes de notre prochaine épreuve. Attention, ces gares routières sont parfois assez discrètes, repliées dans une cour peu visible de la rue et les indications écrites ont beau être immenses sur le fronton de la façade, cela reste du Chinois noyé dans le Chinois et donc assez invisible pour nous.
En sortant du taxi sur une sorte de parking inutilisé, des gens s’affairaient autour de tréteaux où reposaient des carcasses animales. En nous approchant, nous avons pu reconnaître de quoi il s’agissait réellement. Nous en avions été prévenus, nous n’avons donc pas été effrayés par cette étrange vision . Les cadavres que l’on apprêtait pour une boucherie quelconque étaient des chiens. De gros chiens bien ronds, de la taille de petit cochons. C’est surtout la position de leurs pattes un peu recourbées, comme celles de chiens au repos, qui nous les a fait reconnaître, les têtes n’y étant plus.
La distance tout à coup s’agrandit démesurément entre nos deux cultures, jusqu’à presque se perdre, avant que nos raisons un moment surchauffées ne refroidissent et nous ramènent à la question fondamentale : pourquoi pas ?
Pourquoi le poulet, le cheval, le bœuf, l’autruche?
Et pourquoi pas le chien ?

Le reste de la troupe avait déjà traversé la large avenue et pénétrait dans ce qui était la gare routière que nous cherchions. Nous nous sommes arrachés à ce spectacle surréaliste pour nos yeux de "sauvages" venus du nord et les avons rejoints. Dans le bureau de la gare routière, les choses ont été tout à coup plus simples. Un tableau sur le mur indiquait les horaires quotidiens des départs pour Dali (en Anglais et en Chinois). Celui de 10h 05 nous convenait. Une jeune femme derrière le comptoir a facilement entendu nos souhaits, en mi-chinois mi-anglais comme d’habitude, et nous a délivré pour l’heure dite quatre beaux billets (avec places numérotées) nous donnant accès à un grand Car Express, dont l’arrivée à Dali était prévue pour 15 heures.
C’est fou ce que l’on peut renaître, quand après une dépense d’énergie un peu désespérée, les choses s’illuminent tout à coup, produisant une sorte d‘arc-en-ciel du moral.

En sortant, juste en face de nous, nous apercevons la vieille ville dont la forêt de toits caractéristiques vient mourir au bord de la grande avenue moderne. Nous n’avons qu’à suivre quelques centaines de mètres l’espèce de rempart qui l’enserre et nous retrouvons l’entrée Sud. Nous en franchissons très vite la porte, avec le sentiment de retrouver nos traces.

Maintenant que nous nous sommes rassurés sur les embûches de demain, nous pouvons à nouveau flâner et nous imprégner des ambiances de Lijiang.
Une large avenue permet au flot des visiteurs (à la haute saison) de pénétrer jusqu’au centre de la ville, puis de se répartir dans les petites rues qui vont en se ramifiant en tous sens. Je me rends bien compte qu’hier soir, la nuit avait donné à tout cela un cachet que le jour lui a retiré quelque peu. Trop neuf, trop de boutiques, plus assez de vie, une aseptisation qui a tué beaucoup du charme d’avant. On l’imagine pourtant, mais il ne nous reste qu’à le regretter.
Petit à petit le regard du voyageur se transforme et perd de sa qualité de curieux sensible, pour devenir celui du flâneur universel de boutiques, à l’affût d’un souvenir, de quelque chose qu’il faut absolument rapporter. Il sait pourtant par expérience, qu’il y a de grandes chances pour que l’objet inoubliable en question finisse sa vie au fond du "placard des objets venus d'ailleurs". Tant pis c’est plus fort que lui, que nous, devrais-je dire, car nous n’échappons pas à ce penchant humain, un peu triste.
J’ai de la chance, où que je sois, je ne supporte pas les boutiques. Les seules qui m’intéressent (on ne se refait pas) ce sont les papeteries et les quincailleries. Les papeteries, parce qu’il y a dans tout cahier neuf, dans tout stylo et encrier, la promesse d’une naissance à partager. La quincaillerie, parce qu’elle décrit assez précisément ce que peuvent être les différents moments de l’intimité domestique d’un pays ou d’une région. Entrant dans une quincaillerie, ou contemplant les amoncellements ménagers qui en débordent sur son trottoir, j’ai le sentiment coupable mais excitant, de visiter la cuisine ou la salle de bain des gens et ce faisant de les connaître un peu mieux.
Je ne peux pas critiquer plus que cela l’évolution de cette Chine qui se redresse, se modernise et se restaure. Il est bien normal qu’il en soit ainsi pour le confort et la qualité de vie de ses concitoyens. Mais on peut souhaiter tout de même que certains de ses dirigeants, plus sensibles que d’autres aux valeurs et à la conservation des traces authentiques du passé, ralentissent ces effacements irréversibles et trouvent (inventent) une façon intelligente de garder l’âme des vieilles pierres tout en permettant à ses habitants l’accès aux conforts de la modernité.

Ce passage par Lijiang et ses reconstitutions trop parfaites, m’inspire une pensée qui me taraude : Partout dans le monde où la vie s’organise, où le moral remonte, où les murs sont clos de fenêtre et les portes munies de serrures, l’intérêt pour le visiteur est en faillite.

Cette ville n’a plus grand-chose d’une ville habitée, même si cette remise en état énergique nous offre une vision intéressante de ce qu’étaient les cités chinoises dans le passé. Les habitants en sont partis pour laisser la place aux commerçants. Impossible de savoir si ceux d’aujourd’hui sont de la famille de ceux d’hier (ce que l’on espère), où s’ils sont les gagnants de luttes sans pitié. Dans les arrière ruelles subsistent quelques demeures très délabrées d’où sort de temps à autre un personnage d'un autre temps, marchant comme une ombre, peu enclin aux lumières et au regards étrangers, disparaissant aussi vite qu’il est apparu. La place éclairée est réservée à une jeunesse omniprésente, charmante, avenante, souriante… Un mont St Michel habité par des anges.
Le rêve proposé aux étrangers est parfaitement pensé, mais il faut croire aux anges.
Je me suis éloigné des densités commerciales du centre pour monter au-dessus de la ville, m’échappant des pièges organisés par les ruelles désertées, croisant quelques personnages vrais, longeant des murs de torchis, entrevoyant des cours secrètes, découvrant des horizons entre les nuages.
Le sol, partout composé de belles dalles polies par les pas et les machines, est extrêmement glissant et plusieurs fois je me suis étalé, me faisant assez mal. La pensée m’est alors venue d’une immobilisation possible dans ce pays pour jambe brisée, ou autre délabrement accidentel. Expérience à ne pas tenter, même si la médecine Chinoise est l’une des plus efficaces du monde. Je suis donc reparti, endolori mais prudent.
Puis nous nous sommes retrouvés un instant à l’Hôtel, pour notre drink de six heures. Nous avons échangé sourires et gestes amicaux de plus en plus appuyés avec nos hôtes. Nous avons dit à notre interlocutrice du début notre décision de partir le lendemain matin par le car de dix heures cinq vers Dali. La jeune fille s’est montrée tout à coup soucieuse, laissant entendre qu’il se pouvait qu’il tombe beaucoup de neige dans la nuit et que dans ces cas-là, les cars ne passaient plus les montagnes. Nous avons cru un instant qu’elle jouait à nous faire peur, mais nous avons vite compris que c’était un risque réel.
Je me demande si au fond d’elle-même elle ne souhaitait pas un petit peu ce contretemps, pour des raisons commerciales bien sûr, mais aussi pour des raisons affectives. Je crois avoir lu, dans les regards que les uns et les autres portaient sur nous, ainsi que dans l’insistance avec laquelle ils nous arrêtaient quelques minutes, lors de nos traversées du salon afin que nous venions réchauffer nos mains en nous asseyant parmi eux, quelque chose de l’ordre de l’attachement sentimental. Nous serions restés quelques jours de plus et nous nous en serions fait des amis, malgré la difficile barrière de la langue.
N’empêche nous avions tous en tête malgré ces échanges très chaleureux, le risque d’un fâcheux contretemps pour demain.



Pour le dîner, nous sommes retournés dans le restaurant du petit-déjeuner, ayant trouvé que le lieu et les services y étaient de qualité. Et puis il y a toujours cet aspect très agréable, lorsque l’on retourne dans un restaurant ou un hôtel pour la deuxième fois, qui est de croiser des regards de connaissance, de savoir un peu mieux le fonctionnement des lieux, une sorte d’apprivoisement général.
Nous y avions posé nos marques de chat !
Nous avons eu droit aux braseros réconfortants sous la table.
Rencontre intéressante avec une jeune fille Suisse, assez représentative d’une jeunesse Internationale très indépendante et libérée, qui vient en Chine pour de longs séjours afin d'y apprendre la langue Chinoise, s’arrêtant quelque temps dans une ville, y faisant un petit travail pour subsister, puis partant au gré d'une inspiration subite pour d’autres horizons du pays. Ces jeunes, qui viennent ainsi du monde entier, sentent bien qu’il y a là un marché immense en pleine expansion dont ils pourront dans un avenir proche être, qui sait, la valeur ajoutée. J’enviais secrètement cette jeune fille et les perspectives de sa vie très emplie, extrêmement libérée et intelligente.
Ceci pour dire que Lijiang est aussi un lieu de rencontre des générations d’aujourd’hui, ainsi que l’ont été en d’autres temps des villes comme New York, ou San Francisco. Ce qui explique cette impression de ne plus être tout à fait en Chine, dans cette ville de Lijiang, aux murs Chinois et à l'âme internationale.

Photos Camille Hermant
À SuivreCHINE 10 Le temps d'une synthèse.

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