L'épopée télévisuelle 1

Au début...
C’était un rêve de faire de la télévision, d’entrer dans un monde réservé, extrêmement restreint, aux pouvoirs mystérieux et immenses.
C’était le monde de l’exigence professionnelle, les réalisateurs étaient des maîtres, parfois des dictateurs… une branche un peu mineure du cinéma. D'ailleurs à la télévision on faisait des émissions, ailleurs c'était des films...
Les syndicats étaient tous puissants et préservaient avec intransigeance la pénétration des secteurs professionnels par d'éventuels "petits malins" ambitieux et sans formations … il y avait des critères draconiens pour entrer dans le sérail jalousement gardé par ses ayants droit… il était presque impossible de ne pas respecter les règles, ou alors il fallait être habité par une passion incontournable et croire en sa chance.
Le réalisateur gérait l’argent que lui réservait l’ORTF pour réaliser son émission, il était responsable de la dépense et devait en justifier les raisons… il lui fallait défendre son projet et les moyens techniques qu’il pensait nécessaires pour le réaliser.
Si on avait une idée, et que l’on savait convaincre les responsables du secteur concerné (dramatiques, variétés, littérature etc.), le projet avait toutes les chances d’aboutir sur le petit écran sans préoccupation première d’une audience. Ce qui semblait intéressant, passionnant, à celui qui le faisait devait pouvoir intéresser, passionner le public à qui il adressait son émission.
Il n’y avait alors qu’une chaîne et le public, encore innocent, n’avait pas appris à choisir. Cette notion de choix est assez récente. Seules les générations très jeunes commencent à choisir, à composer leur chaîne personnelle, en associant par un zapping permanent des fragments d’émissions et composer une sorte de chaîne virtuelle qui leur ressemble. C’est peut-être le deuxième âge de la télévision, un âge plus mûr.
à suivre...
(l'épopée télévisuelle 2)
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