Les mystères du partage de l’intime...

                                                                   La mémoire des sens ...

J’avais envie de parler de cette transmission silencieuse de la pensée entre deux êtres aimants. Ce flux de mots muets qui passe clairement de l’un à l’autre sous la forme d’une sorte d’onde électrique avec, je l’ai souvent constaté, une parfaite synchronisation dans la transmission de l’idée et parfois du mot qui l’aurait exprimé s’il avait été prononcé. J’ai longtemps cherché mes propres mots pour essayer de traduire cette étrange faculté, autant secrète qu’abstraite et ne les trouvant pas assez précis à cet instant, j’ai remis à plus tard la suite de ces lignes.

Une nuit plus loin, la notion d’intimité et de son partage, m’ont conduit vers le sensoriel, le tactile et la mémoire des odeurs de peau. Je devrais dire les parfums de peau, tant il s’agit d’effluves complexes à la recette définitivement secrète. Une sorte d’empreinte unique comme l’est celle des doigts. L’intime commence  le jour où deux peaux attirées l’une vers l’autre, consentantes et réunies, apprennent à se connaître par une lecture appliquée des sens. Alors s’inscrit au plus profond de notre mémoire, là où elle est la plus fidèle, une sorte de carte de visite unique et infalsifiable capable de se réveiller de nombreuses années plus tard et participer ainsi à cette connexion sublime de l’intime. Le corps produit une chaleur qui redonne vie aux molécules identitaires et il n’est nul besoin de parler, on le sait !
 

Voilà par quoi commence l’intime, le silence, les parfums d’une peau aimée et les messages échangés qui se gravent sur la pierre tendre de deux cœurs à l’unisson. Bien sûr il y aura le temps du banal, finalement si important lui aussi, pour que la musique intérieure reste harmonieuse. Il y aura des orages, eux aussi faisant partie de ce bazar hétéroclite et précieux dont est fait l’intime. Puis des calmes reposants au goût sucré, comme celui des fleurs printanières. Le parfum des peaux est sucré lui aussi, même si les griffes du poivre et du musc associés laissent présager des embrasements impromptus.

Tout cela m’amène à conclure que nous devrions moins parler, ou prendre plus de temps pour choisir nos mots, que l’on gâche souvent pour cause de précipitation malencontreuse, la peur de ne pas arriver au bout de ce que l’on a à dire, ou la bousculade d’une idée qui veut passer devant celui qui a la parole... Lorsque l’on parle, le temps nous manque, lorsque ce sont les ondes de l’âme qui se rejoignent, le temps est sans fin.

... J’ai fait ce rêve insensé. Garder sur une étagère secrète, les flacons alignés au fil des temps de ma vie, contenant les flagrances toujours actives des douces peaux côtoyées ...

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Une fable qui n’en est pas une.

Lorsque l'on a le choix...

Le goût de l'amer...

Vœux 2010

Un jour, lointain...

Fausses réalités... Pensée du jour.