Bonne Année 2007

Bonne année 2007 !
Je devrais me contenter de ce cri traditionnel, je n'arrive pas à m'y résoudre.

C'est que ...
...On change aussi d'année ailleurs,
mais tellement autrement!!!
À vous, mes amis qui ne m’êtes pas indifférents, j'ai besoin de le dire. Non pas pour abaisser la vigueur de vos plaisirs, mais pour tenter au contraire de leur donner une existence relative aux réalités du monde. Sans quoi les plaisirs de la fête resteraient simplement virtuels et se cantonneraient à la seule expression d'une sorte de frigidité bourgeoise.

Là-bas, là où nos yeux ne voient pas, derrière nos horizons de myopes, la nouvelle année n'est rien de plus que celle que l'on quitte... le premier jour a de fortes chances d'être semblable aux précédents et n'apportera probablement pas de grande surprise dans les jours à venir...
Un peu d'espoir tout de même comme à chaque matin qui commence, l'espoir de franchir l'étape sans encombre, et que des jours meilleurs surviennent dans un avenir proche...

Ici, le temps ne passe pas plus vite la veille du premier jour de l'année que lors de son lendemain...
D'ailleurs on ne projette pas ses rêves dans l'espace-temps, on sait par expérience que c'est une façon de se perdre dans des désespoirs sans fond...
Ici les fêtes sont parfois imprévisibles. Les jours de petits mieux, une joie subite nous prend après les peines et on se laisse faire... parenthèse appréciée entre deux moments moins heureux...

Les bonnes résolutions ici on ne connaît pas, parce qu'on a un rôle à tenir au sein de sa société et qu'il ne viendrait à l'esprit de personne d'y renoncer même une minute... Sa propre survie dépend de celles des siens…
Dans notre beau pays de France, il y a une notion de débarras dans cette injonction jetée à la cantonade:
"Bonne année".
Et après ? Que ferons-nous pour que ces faux amis qui nous croisent en « klaxonnant » joyeusement des mots sans sens ? Rien, nous les oublierons.Je ne vois dans ce tic temporel que les prémices d’un oubli qui fait mal.
Aussi, je ne veux pas entrer dans cette ronde polie et circonstancielle.
Ceux que j’aime le savent.
Photos Camille Hermant
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